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Caracteristiques de l’audition et de la déficience auditive

L’audition
Tous les sons qui existent dans la nature peuvent être représentés à l’aide de 3 paramètres qui sont l’intensité (exprimée en décibel ou dB), la fréquence (exprimée en Hz) et le temps (exprimé en seconde).
La connaissance de ces 3 paramètres à tout instant permet la reconnaissance et l’intégration centrale des signaux sonores perçus : bruit ou parole.

La déficience auditive
L’absence de perception d’un de ces paramètres ou la perception déformée de celui-ci conduit à une mauvaise intégration du message et donc à des confusions. La perte auditive atteignant certaines zones de fréquence plus que d’autres, il est logique de voir un malentendant entendre le message et ne pas comprendre. Par exemple, dans le cas d’une perte auditive plus marquée sur les fréquences aiguës (zone des consonnes) avec des graves très bien conservés, le malentendant va percevoir le signal, savoir qu’un message oral est émis, mais être incapable d’analyser ce dernier. Un peu comme si on écoutait une langue étrangère. On entend celle-ci, mais le cerveau est incapable de donner une signification au message perçu. Cette déformation est liée à l’existence de distorsions qui accompagnent toute déficience auditive de perception (surdité liée à une mauvaise transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique dans la cochlée). Ce sont les distorsions qui expliquent la difficulté pour un malentendant de percevoir clairement et donc d’apprendre le code nécessaire à l’intégration des mots et sons existants.

Une distorsion est une déformation du signal, comme l’est par exemple le fait d’être daltonien. Un daltonien peut parfaitement voir un objet, mais est incapable de le discerner d’un autre (à l’extrême, la difficulté de trier des billes de couleur rouge et verte en les séparant est facilement compréhensible). Le malentendant atteint de surdité de perception est dans ce cas lors de la présentation de signaux proches, ce qui explique les difficultés d’apprentissage du langage et donc l’importance d’une prise en charge spécifique. C’est le rôle de la prothèse auditive de permettre une amélioration de la qualité du message émis, non seulement en permettant par l’amplification procurée de percevoir ce message (non perçue du fait de la perte auditive), mais également de modifier le signal de façon à ce que la distorsion liée à la cochlée ait le retentissement le plus faible possible.

La forme de la courbe auditive n’est qu’un des éléments qui expliquent la difficulté du malentendant à comprendre un message oral, le vrai frein étant l’existence de distorsions qui ne peuvent être corrigées que de façon partielle. La perte auditive diminuant la capacité à percevoir les signaux, il est normal par exemple qu’un malentendant ayant une perte auditive supérieure à 50 dB ne soit pas capable d’entendre la voix chuchotée et la voix faible, ces derniers ne donnant aucune perception.

De même, comme nous l’avons déjà signalé, la fréquence joue un rôle primordial et le fait que la surdité soit en général différente en fonction de la fréquence conduit à une non perception et analyse de certains phonèmes alors que d’autres ayant leur trait pertinent dans une zone
de perception non atteinte seront parfaitement intégrés. Par exemple, dans le cas d’une surdité sélective des fréquences aiguës avec conservation des fréquences graves, la personne non appareillée sera parfaitement capable d’analyser les voyelles (zone de reconnaissance dans les graves) alors que les consonnes ne seront pas du tout perçues.
Essayer de lire un texte où toutes les consonnes seront retirées et vous comprendrez mieux la difficulté rencontrée par un déficient auditif non appareillé dans la compréhension d’un message oral. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’un malentendant entend, mais ne comprend pas toujours le message exprimé. Heureusement, l’appareillage auditif permet une récupération partielle rendant possible une compréhension. Mais il existe toujours une perte résiduelle qui rend les acquisitions difficiles et qui entraîne l’obligation d’une rééducation dans le cadre d’une prise en charge spécifique.

Plus les sons sont proches et plus les confusions sont nombreuses. Un sourd sévère sera par exemple dans la difficulté pour différencier un U (250 Hz, 1 800 Hz) d’un I (250 Hz, 2 500Hz) alors que la différenciation du A (750 Hz, 1 350Hz) du U (250 Hz, 1 800Hz) ne présentera pas de difficulté. La suppléance mentale et la connaissance du langage le
Permettront ultérieurement, mais l’enfant n’ayant pas acquis ces informations de façon innée devra les intégrer, intégration réalisée d’autant plus difficilement que la perte est grande et que la présence de distorsions accompagnant cette déficience est importante.
On pourrait citer comme autre exemple la confusion souvent retrouvée entre le P (consonne explosive sourde) et le B (consonne explosive sonore). La différenciation entre ces deux phonèmes ne se fait que par l’existence et donc la perception d’un signal grave qui accompagne l’explosion dans le B alors qu’il existe un silence dans l’émission du P.
Si un élève est atteint d’une déficience auditive ou d’une non possibilité d’analyser les graves, la confusion est obligatoire hors contexte car le seul élément différenciant les deux phonèmes se situe dans une zone non perçue. La prothèse auditive en permettant la perception du signal grave différenciant rend possible l’analyse. Cette confusion est inefficace puisque le mouvement des lèvres est identique pour ces deux phonèmes et que la perception du signal grave de différenciation est obligatoire pour lever le doute.

Les niveaux de surdité

Surdité légère ; 20 à 40 dB

Il existe une difficulté importante à l’apprentissage précis des phonèmes aigus. Les bases du langage sont acquises, avec de nombreuses erreurs articulatoires, liées à une non perception des éléments de la voix. Or pour répéter, il faut entendre avec une qualité suffisante ; Il s’agit d’enfants en général dépistés vers 6 ans, lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Dès ce niveau de perte auditive, l’appareillage est obligatoire car de nombreuses informations captées de façon naturelle ne sont pas intégrées.

Surdité moyenne ; 40 à 70 dB
Le retard de parole et de langage est ici manifesté avec un dépistage vers l’âge de 2 à 3 ans du fait de l’importance du handicap qui ne peut passer inaperçu. Il existe quant même avant l’appareillage un petit langage car certaines informations de voix forte ont été entendues. Il ne peut par contre y avoir de constitution d’un langage oral sans appareillage et surtout sans rééducation et prise en charge spécifique. La précocité de l’appareillage est un des éléments clés pour une intégration future. La qualité du message apportée par l’appareil auditif est ici
suffisante pour que la prise en charge soit efficace.

Surdité sévère ; 70 à 90 dB
Le dépistage a lieu en général dans les deux premières années de vie. L’enfant a des perceptions de certains bruits, mais n’a aucune connaissance de l’existence d’une forme auditive du langage avant son appareillage. En l’absence de ce dernier, il est pratiquement
impossible d’acquérir le langage oral. L’appareillage permet une compréhension qui ne viendra qu’après une longue période de rééducation. La compréhension est de toutes façons difficile en milieu bruyant. Le fait que le malentendant ne perçoive pas sa voix avant l’appareillage fait que la qualité de ses productions est mauvaise et qu’un vrai travail de fond est nécessaire avant la possibilité d’une voix de bonne qualité, mais le travail donne ici de bons résultats.

Surdité profonde ; supérieur à 90 dB
Il n’existe aucune perception ni des bruits, ni de la voix sans appareil. La fonction créant l’organe central, il est particulièrement important de procéder à un dépistage puis une prise en charge la plus précoce possible. Bien que l’appareil puisse redonner une perception quantitative des informations sonores, l’existence de distorsions importantes rend presque impossible la compréhension du message oral sans lecture labiale, et encore avec de grandes difficultés qui peuvent conduire à penser à une autre technique de réhabilitation : l’implant cochléaire. L‘appareillage se justifie par contre parfaitement car il peut permettre un contrôle audiophonatoire, indispensable à une voix intelligible et ausens d’alerte. Le dépistage se fait en général avant 18 mois.

À noter : Selon les indications du BIAP, Bureau international d’audiophonologie, le calcul des niveaux de perte auditive prend pour référence les fréquences de 500, 1 000, 2 000 et 4 000hz.

Remarques
Le terme de “malentendant” recouvre parfois, dans le langage courant, tous les niveaux de surdité. Dans les milieux spécialisés, on désigne plus spécifiquement par ce terme une personne atteinte de surdité légère ou moyenne.
Par ailleurs, on constate une tendance à désigner comme “malentendant” une personne qui a un bon niveau d’expression orale, même s’il s’agit d’un sourd profond. Cette confusion entre capacité auditive et compétence en expression peut être préjudiciable si, de ce fait, l’attention
portée aux problèmes de réception se relâche. Il faut signaler également que dans le cas de surdité d’une seule oreille, on ne parle pas de personne “demi-sourde”, car elle reçoit tous
les sons de la parole. Pour cette personne, la difficulté rencontrée est de ne pas disposer de la stéréophonie (donc de la capacité à situer la source sonore), ni d’une intensité sonore aussi importante ; mais elle a pu bénéficier du modèle linguistique de sa langue maternelle.

La classification des surdités

La surdité de transmission
La surdité de transmission est due à une atteinte des organes de trans-mission : conduit auditif externe et oreille moyenne. Le plus souvent, cette surdité n’est pas très grave, n’occasionne pas de distorsions et peut être traitée. Lorsque la transmission aérienne est défectueuse, elle peut se faire par conduction osseuse. Or, un sujet qui s’entend parler peut s’auto contrôler.
Sa voix a donc toutes les caractéristiques de timbre, d’intonation et de rythme d’un entendant.

La surdité de perception
Dans ce cas, la transmission du son se fait normalement, mais la perception par l’oreille interne - la cochlée - est défectueuse. Ce sont les sons aigus qui sont le plus mal perçus.
Les bruits ambiants (restaurant scolaire, cours de récréation, etc.) perturbent la réception et la compréhension du message vocal. Lorsqu’une personne est atteinte de surdité grave, elle a des difficultés à auto contrôler l’intensité et le timbre de sa voix.

Autres surdités
Plus rarement, le nerf auditif ou les centres auditifs cérébraux peuvent être atteints. Il en résulte une incapacité ou des difficultés à traiter le message reçu par l’oreille. On peut également rencontrer des surdités mixtes qui associent difficulté de transmission et de perception. Elles sont, le plus souvent, la conséquence d’une infection de l’oreille moyenne qui s’aggrave et atteint la cochlée.

Les différents types de surdité

La surdité congénitale :
Elle résulte de problèmes d’origine héréditaire ou d’une atteinte du fœtus pendant la grossesse. Elle concerne environ trois naissances sur 1000 par an (prévalence stable depuis plusieurs décennies).
Le développement récent de la technique de l’implant cochléaire permet de corriger certaines de ces surdités.

Les atteintes de l’oreille moyenne :

Toute atteinte de l’oreille moyenne altère la transmission des sons vers l’oreille interne, on parle alors de surdité de transmission qui peut revêtir différentes formes.

L’otospongiose :
C’est une maladie d’évolution progressive qui soude petit à petit la chaîne des osselets.

Le cholestéatome :
C’est une invasion de l’oreille moyenne par des cellules issues du canal auditif et qui y sont entrées par une brèche du tympan. Ces cellules se multiplient pour former une tumeur non cancéreuse qui détruit tout dans la cavité par un envahissement progressif.

La rupture du tympan :
La membrane tympanique peut se rompre de manière traumatique ou suite à une infection de l’oreille moyenne (otite).

Les otites aiguës infectieuses.
Les surdités de transmission peuvent généralement être traitées par un traitement médical ou chirurgical.

Les atteintes de l’oreille interne :
Les atteintes de l’oreille interne, récepteur de l’audition, entraînent des surdités de perception. Les cellules auditives peuvent être détruites par certains médicaments, par le bruit, par le vieillissement. Elles ne se renouvellent pas et leur destruction est irréversible.
Les surdités de perception peuvent être corrigées par un appareillage prescrit par un médecin ORL et effectué par un audioprothésiste.